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Fed : les données économiques plaident pour une hausse des taux, les marchés pour une pause...
information fournie par Carmignac 27/10/2026 à 10:22

Kevin Thozet, membre du comité d’investissement de Carmignac (Crédits: Carmignac)

Kevin Thozet, membre du comité d’investissement de Carmignac (Crédits: Carmignac)

Par Kevin Thozet, membre du comité d'investissement de Carmignac


Les données économiques plaident pour une hausse des taux, les marchés pour une pause. Et la Fed estime pouvoir attendre. Pour l'instant.

La Fed devrait maintenir ses taux inchangés cette semaine. Avec tout juste deux points de base de resserrement intégrés dans les anticipations pour la réunion d'octobre, les marchés misent très largement sur un statu quo. Difficile pour autant de crier victoire !

L'inflation s'établit pour le moment à 3,7%, le chômage reste contenu à 4,2% et la croissance continue d'évoluer au-dessus de son potentiel. Les créations d'emplois ont certes ralenti en septembre, mais dans une économie de plein emploi, difficile d'y voir le signal de pressions récessives imminentes. L'inflation reste confortablement (ou plutôt inconfortablement) au-dessus de l'objectif de 2% de la Fed. À s'en tenir aux seules données économiques, une nouvelle hausse des taux ne serait donc pas déraisonnable.

Les raisons de patienter sont sans doute à chercher ailleurs. Les conditions financières se sont durcies, les marchés actions ont vacillé et des tensions sont apparues à la périphérie des marchés du crédit. De quoi inciter la Fed à temporiser, sans pour autant adopter un discours plus accommodant.

L'inflation demeure trop élevée et le comité fédéral de marché manque toujours d'éléments convaincants pour affirmer que les pressions haussières sur les prix sont durablement maîtrisées. Le marché immobilier est à la peine, mais le reste de l'économie tient bon.

Le message devrait donc être celui d'une pause, et non d'un changement de cap.

Décembre constituera ainsi le prochain véritable test. Les marchés anticipent une évolution graduelle des taux vers 4.50%-4.75%, mais nous pensons que la Fed pourrait encore les relever davantage, et potentiellement plus rapidement que ne suggère aujourd'hui la courbe des taux, dans un contexte de croissance qui reste solide et d'inflation persistante.

Un élément complique toutefois la donne : la corrélation entre le prix des actions et des obligations souveraines redevient franchement négative. Tout regain d'aversion au risque peut donc provoquer une baisse des rendements des obligations d'État américaines. Privilégier une faible sensibilité aux taux américains est dès lors un choix moins évident que ne le suggérerait la seule analyse macroéconomique.

Comment se positionner dans cet environnement ?

Les investisseurs, via le portage, sont payés pour patienter. Nous privilégions donc la partie courte de la courbe ces taux, où la rémunération est plus attractive que sur les échéances longues. Ces dernières restent vulnérables à une hausse de la prime de terme, à la vigueur de l'économie et au maintien d'une politique budgétaire expansionniste après les élections de mi-mandat.

Nous adoptons une approche prudente sur la sensibilité aux taux étatsuniens de nos portefeuilles. Le principal risque à ce positionnement serait un mouvement durable de repli vers les actifs refuges, qui soutiendrait mécaniquement les prix des obligations souveraines. Mais une prolongée d'aversion au risque ne constitue toutefois pas notre scénario central.

Enfin, si la Fed choisit de patienter alors que l'inflation reste bien supérieure à sa cible, les positions acheteuses sur les points morts d'inflation constituent une autre opportunité d'investissement.

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